Saint-Aubin est un petit village bourguignon situé au sud de la Côte d' Or, à 15 km au sud de Beaune, et à 20 km au nord de Châlon sur Saône. Ce paisible village de 250 âmes doit son nom à un évêque d'Angers du VIème siècle. Aujourd'hui 75 communes françaises ont "hérité" de son nom.
Des fouilles archéologiques entreprises dans les années 40 ont mis en évidence des tumulus qui témoignent de présences humaines dès l' âge du fer.
Primitivement, le village s' appelait Oratorium, ce nom désignait un sanctuaire à l' époque mérovingienne et se traduisit par Oroux en français. En son centre, l' église , érigée au Xème siècle, fut dédiée à Saint Aubin. Sur les archives de 1149, se trouve mentionné "l' église Saint-Aubin d'Oroux". Ce nom va s' étendre à toute l' agglomération jusqu' en 1793, date à laquelle le gouvernement révolutionnaire dans sa politique antireligieuse impose un changement de nom à la commune qui devient alors OROUX LA MONTAGNE. Le registre de 1802 officialise le retour définitif de SAINT-AUBIN comme désignation de la commune.
Le site de SAINT-AUBIN est particulièrement apprécié des promeneurs. Le village se trouve niché au creux d' une combe, blotti entre ses coteaux pentus sur lesquels la vigne trouve son lieu d' expression. Curieusement le village est organisé sous la forme d' une croix avec en son centre l' église dont le clocher ancestral se dresse fièrement.
En empruntant les ruelles tortueuses de l' ancien village, le visiteur est surpris dans sa découverte de l' église par son extraordinaire complexité, reflet d' une construction par étapes à des périodes très différentes. La partie ancienne à l' ouest date du Xème et XIème siècle. Cette église primitive comporte une tour de façade carrée surmontée d' un toit en batière. On accède à la nef rectangulaire, en contrebas, par quatre marches. Le coeur primitif constitue une particularité puisqu 'il apparaît sur deux niveaux. Il est constitué, au rez de chaussée, d' une abside voûtée flanquée de deux absidioles plus basses occupées par deux chapelles. Le rez de chaussée a été dupliqué au premier étage et s' ouvre également sur la nef. C' està la verticale de cette tribune que se dresse la tour qui date de la seconde moitié du XIème siècle et fut coiffée au XIIème siècle, d' une flèche bombée en pierre, de type romane.
Une seconde partie destinée à allonger l'église fut construite vers 1450 après démolition de l'abside primitive. C'est la nef actuelle.
Une troisième partie fut érigée au XIX ème siècle. Le plafond de ce dernier prolongement est voûté comme les caves des maisons vigneronnes et protège ce qui est aujourd'hui le coeur de l'église. Une couverture de lâve récemment restaurée apporte à ce monument architectural unique, son caratère rustique bourguignon.
La complexité de l'ensemble, l'agencement si particulier du coeur primitif qui n'a pas d'autre exemple connu, ont justifié le classement de l'église de SAINT-AUBIN au titre de "monument historique", par arrété ministériel du 4 juillet 1980.

Non loin du village de Saint Aubin, on trouve son hameau, GAMAY qui s' étire au pied des coteaux de vignes dominés par la Roche Dumay. En son centre et dans la partie haute du hameau se trouve une maison forte datant du XII° siècle.
On ne peut évoquer le nom de ce hameau sans penser au célèbre cépage très présent en Beaujolais. Gamay serait-il le berceau d' un cépage du même nom? rien n' est moins sûr, les origines toponymiques du lieu sont assez éloignées du nom du cépage. La tradition orale, qui a traversé les siècles, suggère que le "plan Gamay" fut ramené de Palestine par un seigneur local. Ce qui, par contre, est authentifié, c' est le décret d' arrachage promulgué par Philippe le Hardi en 1305, et confirmé par le troisième Duc Valoisien, Philippe Le Bon en 1459.
Aujourd'hui ce cépage n' est plus cultivé sur le terroir de St Aubin.
